Comment vaincre la désillusion qui s’installe chez les jeunes après le baccalauréat?

Comment vaincre la désillusion qui s’installe chez les jeunes après le baccalauréat?

juin 26, 2021 0 Par Le pouce

Bien s’orienter après le bac est primordial. Choisir son parcours universitaire n’est pas une décision à prendre à la légère. Mais bien souvent, après l’euphorie de l’obtention du Baccalauréat, bien de jeunes se voient confrontés à la dure réalité de l’université où rien n’est gagné d’avance.

Universités, grandes écoles, écoles spécialisées : le baccalauréat ouvre les portes de l’enseignement supérieur. En fonction de la série de son bac, le futur étudiant s’oriente vers les filières de l’enseignement supérieur qui lui correspondent. Les bacheliers technologiques et professionnels vont plutôt se diriger vers des études techniques supérieures telles que les B.T.S., Licence professionnelles, pour lesquelles ils bénéficient de conditions particulières d’admission.

 Les bacheliers généraux vers des cursus plus longs : universités, grandes écoles. Ils peuvent aussi envisager des études sur le mode de l’alternance. Quoi qu’il en soit, le nouveau bachelier a une panoplie d’options devant lui. Mais bien souvent, il s’avère que certains trébuchent sur leur choix et se perdent dans le dédale de la vie.  En effet, « Nombre de jeunes se sentent sous pression pour trouver leur voie. 

Le problème est que l’on stresse nos jeunes, et ces jeunes, en s’empressant, se cassent souvent la figure. Après le bac, ils s’orientent trop vite, alors qu’ils ne sont pas encore motivés. Ils s’inscrivent dans n’importe quelle faculté où  la moitié d’entre eux ne sentent pas à leur aise », explique un professeur d’université.

 « Ils vont alors être humiliés, malheureux, à l’âge où l’on apprend neurologiquement et psychologiquement à travailler. Le risque est, alors, qu’ils se désengagent, surtout les garçons, qui décrochent plus que les filles. Or, ce qui peut aider un jeune à prendre sa voie, c’est son pouvoir de rêve », renchérit-il.

Les parents en appui …

 « Est-ce qu’il faut laisser les jeunes rêver ou être réaliste ? S’interroge Louis Hadonouto, parent d’élève.  A cette question, les parents ont du mal à faire les deux à la fois. Or, les rêves sont aussi importants que la réalité ; et la réalité est quelquefois aussi insaisissable que les rêves. Les réalités de demain sont souvent imprévisibles. »  

 « Il est important de laisser les jeunes  développer leurs rêves», Or, dans les situations de la vie quotidienne, on a tendance, sans s’en rendre compte, à «fermer» certaines portes aux jeunes. Certes, il ne faut pas non plus l’enfermer trop tôt dans un métier précis, on doit lui ouvrir d’autres horizons, et quand il avance, le mettre à l’épreuve, l’inviter à relever des défis,  l’aider à transformer son rêve en projet, le confronter à la réalité. »

Et l’aider à imaginer ce que sa vie sera demain. Les parents ont par ailleurs une vision globale de leur enfant, qui leur permet de ne pas envisager l’orientation en termes de performances scolaires, mais aussi de projet de vie.

 

Les jeunes ont une vision trop abstraite des métiers…

L’implication des parents dans le suivi de leurs enfants est déterminante. Et Cet accompagnement des parents se fait à toutes les étapes de la vie de leur enfant  et pas seulement aux grands paliers d’orientation après le BAC. Il commence dès l’âge de 5 ans, quand l’enfant se rêve magicien ou pompier, jusqu’à l’âge de 25 ou 30 ans, quand il s’est embarqué dans des études interminables ou des voies plus cahoteuses.

Le parcours d’un jeune, en effet, est rarement linéaire. Il est souvent fait d’allers-retours et de détours.  Ce qui rend le rôle des parents encore plus délicat, car ils doivent à la fois répondre aux questions immédiates c’est-à-dire dans quelle classe, dans quelle filière  mais en maintenant  anticiper sur un avenir plus lointain. Aujourd’hui,  «Internet donne aux jeunes,  l’illusion qu’ils connaissent le monde, poursuit-il.

 Or, ils le connaissent moins que les enfants d’artisans qui expérimentent le métier de leurs parents. La plupart vivent dans un univers peu réaliste et la désaffection pour les métiers manuels ou techniques vient de là. Ce qui leur donne peu d’occasions de faire des expériences, de découvrir la culture d’un métier».  On voit ainsi des étudiants en médecine, sélectionnés sur leurs aptitudes en maths, découvrir en quatrième année qu’ils ne supportent pas l’ambiance d’un hôpital.

« Le rôle des parents serait donc de donner à leurs enfants un maximum d’occasions d’expérimenter. Mais tous n’ont pas la possibilité de le faire ». C’est ce que constate Dine Moussa, Coach en leadership parental. «Il existe des familles où cette éducation se fait naturellement : certains parents favorisent les expériences, les rencontres, les ouvertures, la curiosité; ils valorisent les réussites tout en élargissant les horizons. Mais il y a d’autres familles où c’est plus difficile.», conclut-il.

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