EMI ET DÉSINFORMATION VISUELLE : LE CONSORTIUM DG PARTNERS – AMP BENIN ARME 25 JEUNES CONTRE LES IMAGES TRUQUÉES
mai 28, 2026Dans un contexte marqué par la propagation rapide des fausses informations sur les réseaux sociaux, le Consortium DG Partners ONG et AMP Benin a organisé, le mercredi 27 mai 2026, une formation en ligne dans le cadre du projet Youth Communities Alerting to Visual Disinformation, avec l’appui financier et technique de l’ABCA. Ce séminaire de développement des compétences a rassemblé 25 participants autour des problématiques relatives à l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI).
Placée sous le thème « Éducation aux Médias et à l’Information pour lutter contre la désinformation visuelle », cette initiative visait à éveiller les consciences des jeunes sur les risques liés aux contenus manipulés, tout en leur offrant des outils concrets pour mieux repérer les fausses informations sur Internet. La séance a été modérée par Eunice Révélée Dossou-Kitti, juriste, chargée de programme de DG Partners ONG et coordinatrice du projet, qui a présenté en introduction les objectifs de cette initiative ainsi que les enjeux de la lutte contre la désinformation visuelle auprès des jeunes communautés connectées. La formation s’est articulée autour de deux modules destinés à renforcer les capacités des participants en matière d’Éducation aux Médias et à l’Information et de vérification des contenus numériques.
La première partie a été animée par Dorice Djeton , Présidente de DG Partners ONG et experte genre et médias. Dans ce module intitulé « Introduction à l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) et notions connexes », la formatrice a détaillé les principes fondamentaux de l’EMI ainsi que les diverses formes de désinformation qui circulent en ligne.
Au cours des échanges, plusieurs participants ont partagé leur compréhension du concept. Pour Malikatou Chabi Alidou , « l’EMI permet de lutter contre les fakes news ». S’appuyant sur ces interventions, Dorice Djeton a défini l’Éducation aux Médias et à l’Information comme l’ensemble des compétences permettant de rechercher une information, de comprendre son origine et d’évaluer sa fiabilité. Elle précise que l’EMI vise donc à former des citoyens éclairés, capables de participer activement à la vie démocratique à l’ère du numérique. En pratique, cela inclut par exemple la vérification des sources, l’identification des fausses images ou vidéos (comme abordé dans l’article), la compréhension des algorithmes des réseaux sociaux, et la protection de sa vie privée en ligne.
Elle a par ailleurs insisté sur le fait qu’être connecté ne signifie pas forcément être informé, et que les réseaux sociaux regorgent de contenus trompeurs capables d’influencer l’opinion publique. Faux témoignages, rumeurs, faux titres, statistiques manipulées ou encore faux comptes figurent parmi les formes de désinformation évoquées pendant la session.

Vue partielle des participants sur le webinaire autour des problématiques relatives à l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI).
Le deuxième module, consacré à la « Désinformation visuelle : images, vidéos et contenus manipulés », a été animé par Vladimir Goudou , consultant en communication et Formateur en EMI. Plus pratique, cette partie de la formation a permis aux participants de découvrir plusieurs techniques de fact-checking appliquées aux vidéos et images diffusées sur les réseaux sociaux. Le formateur a notamment expliqué comment vérifier l’authenticité d’une vidéo grâce à une capture d’écran insérée dans Google Images ou Google Lens. TinEye a également été présenté comme un outil utile pour retracer l’origine d’une image. Vladimir Goudou a attiré l’attention des participants sur certains indices révélateurs des contenus manipulés : images floues, manque de concordance entre les mouvements des lèvres et le son dans certaines vidéos générées ou modifiées par intelligence artificielle.
Au-delà des outils techniques, le consultant a souligné l’importance de cultiver un esprit critique face aux contenus numériques. Il a rappelé que l’émotion, la rapidité et la pression sociale conduisent souvent les internautes à partager des informations sans vérification préalable. La formation s’est achevée sur plusieurs recommandations pratiques adressées aux participants : consulter des médias crédibles, éviter les partages immédiats et protéger sa communauté contre les manipulations en ligne.
L’initiative a été saluée par les participants, qui ont apprécié la qualité des échanges ainsi que le caractère concret des modules développés. À l’issue de cette session virtuelle, les bénéficiaires repartent avec des compétences renforcées et des outils pratiques pour mieux identifier les contenus trompeurs et lutter contre la désinformation visuelle sur les réseaux sociaux.
Régis BOCO

