Affaire de la sextape à Saint-Étienne : Gaël Perdriau rejugé en appel en juin à Lyon
janvier 23, 2026L’affaire dite de la sextape de Saint-Étienne connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Condamné en première instance pour chantage, l’ancien maire de la ville, Gaël Perdriau, comparaîtra de nouveau devant la cour d’appel de Lyon du 8 au 12 juin prochains.
Reconnu coupable en décembre dernier, l’ex-édile avait écopé d’une lourde peine : cinq ans de prison, dont un avec sursis, assortis de cinq années d’inéligibilité. La justice lui reproche d’avoir participé à l’organisation d’un piège sexuel visant son premier adjoint de l’époque, dans un contexte de rivalités politiques internes.
Un complot impliquant des fonds publics
Selon la décision rendue en première instance, Gaël Perdriau aurait contribué à la mise en place d’un dispositif destiné à filmer, à son insu, Gilles Artigues, alors premier adjoint, dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un prostitué. La vidéo obtenue aurait ensuite servi d’outil de pression politique, dans le but de faire taire ce rival jugé encombrant.
L’enquête a également mis en lumière l’utilisation présumée de fonds publics pour financer cette opération, un élément aggravant qui a pesé lourd dans la décision des juges.
Démission et incarcération
Âgé de 53 ans, Gaël Perdriau a dirigé la mairie de Saint-Étienne et présidé sa métropole entre 2014 et 2025. À la suite de sa condamnation, il a annoncé sa démission de l’ensemble de ses mandats. Il a été incarcéré le 7 janvier à la maison d’arrêt de Bourg-en-Bresse, dans le département de l’Ain.
Malgré le verdict, l’ancien maire continue de clamer son innocence, ce qui explique sa décision de faire appel.
Des coaccusés également en appel
Dans ce dossier sensible, plusieurs proches collaborateurs ont également été condamnés.
L’ancien adjoint à l’Éducation, Samy Kefi-Jérôme, ainsi que Gilles Rossary-Lenglet, ex-compagnon de ce dernier, ont chacun écopé de trois ans de prison ferme et ont, eux aussi, décidé de faire appel.
En revanche, Pierre Gauttieri, ancien directeur de cabinet du maire, condamné à deux ans de prison ferme, n’a pas contesté la décision judiciaire.
Le procès en appel s’annonce donc décisif, tant pour l’avenir judiciaire de Gaël Perdriau que pour l’image de la gouvernance locale à Saint-Étienne.

